Ces dernières semaines je vous parlais de l’énergie masculine et de sa beauté ainsi que ce qu’elle pouvait apporter quand elle était intégrée. Mon cheminement vers l’unité intérieure est un peu comme les saisons, c’est une mue continue, un enchaînement où une prise de conscience en amène une autre. Alors que j’écrivais les dernières lignes sur la beauté de cette énergie masculine, les nouvelles annonçaient le décès d’une femme ; assassinée simplement pour être née femme et avoir fait le choix de vivre sa passion : soigner les autres.

Alors que la paix intérieure se faisait en moi, j’ai entendu ma féminité pleurer. J’ai vu remonter toutes ces fois où enfant j’entendais «tu peux pas, t’es qu’une fille» comme si c’était être une sous-race. Tous ces moments où j’ai entendu de ma propre famille à quelle point la femme était avide, manipulatrice, bonne à rien, menteuse, profiteuse.

Tous ces mots sont entrés dans ma chair comme une honte d’être femme, car je ne me sentais pas être tout cela. Puis est venu l’adolescence, avec ses formes qui sont apparues tôt ans et ces hommes qui par des blagues salaces, des sifflements ou des mimes d’actes sexuels m’ont mise dans une sensation d’insécurité permanente. J’ai commencé à me cacher pour ne pas ressentir cette énergie de désir venant de l’extérieur, apparue bien trop tôt dans la vie d’une fille qui n’était pas encore femme. Puis il y avait les médias, les publicités qui montraient des femmes qui étaient soit des victimes à sauver, soit des nunuches, soit des sorcières. Les publicités affichant nos fesses pour vendre une voiture ou autres… Le discours des hommes, père, frère, cousins, professeurs qui dans un langage complètement inconscient véhiculaient à quel point la femme ne méritait pas le respect. Les gestes de ces hommes inconnus qui se donnaient le droit de toucher mes seins ou mes fesses anonymement en me croisant dans une foule d’un marché, ou un bus bondé, camouflés par la masse et pourtant s’en octroyant le droit. La liste de gestes et de mots inappropriés est si longue…

Je ne suis pas féministe militante, mais ma féminité a pleuré.

Elle aurait pu pleurer pour l’humiliation faite aux femmes et, restant à la surface des larmes, c’est ce que j’aurais vu. Mais elle a pleuré pour moi, pour elle. Pour toutes ces années où je l’ai cachée pensant la protéger. Elle a pleuré et m’a murmuré : «laisse-moi sortir, je ne veux pas mourir». Car c’est bien cela que j’ai fait et que bien des femmes font, tuer leur féminité pour être certaines d’être en sécurité.

Alors que la paix se faisait en moi avec mon énergie masculine, mon énergie féminine a enfin pu parler en toute sécurité. Elle m’a parlé de son envie de danser, de s’exprimer, d’être, en toute simplicité. Elle m’a parlé de ses rêves et de ses idéaux. Je l’ai écoutée et c’était beau. Je l’ai écoutée et j’ai fait le choix de la libérer, de la laisser être, de lui rendre sa vie.

Il aura fallu le décès d’une femme pour en éveiller une autre. C’est triste. Affreusement triste.

A ces hommes qui ont choisi le langage des barbares, je réponds non, non, je ne courberai plus l’échine, non je ne m’infligerai plus une mort intérieure pour vous permettre de vous sentir supérieur.

A ces hommes qui ont déjà du respect pour nous, je dis merci et merci d’éduquer vos fils dans le respect de l’humain, quel que soit son sexe, sa religion ou ses idéaux, merci d’éduquer vos filles dans la dignité de ce qu’elles sont.

Quant aux femmes, j’ai envie de vous inviter à être et à vivre votre féminité sans honte, sans peur. Je vous invite à éduquer vos fils avec la notion de respect et d’égalité de droits, pour que vos filles puissent embrasser avec fierté qui elles sont. Car nous sommes également responsables de ne pas nous afficher en soumises, en bonnes, en victimes ou en objets, pour ne pas être traitées en tant que telles. L’énergie que nous émettons, nous la recevons en retour, depuis des millénaires, ne serait-il pas temps de changer ? Alors changeons notre énergie, notre positionnement, pour changer le monde qui nous entoure.

Alors que mon énergie féminine pleurait, la masculine lui a fait place. Aujourd’hui elles avancent à l’unisson.

Il aura fallu le décès d’une femme pour en éveiller une autre. C’est triste et je la remercie de m’avoir éveillée.

Christel Mesey

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Auteure: Christel Mesey
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