Ces derniers jours, je me vois bousculée par une énergie masculine. Alors que je mets en place les bases de mon entreprise, je vois naître en moi un côté très masculin. C’est une sensation étrange qui s’illustre de manière surprenante, jusque dans mes postures physiques. Je me vois m’assoir comme un gars à l’auberge pour parler de certaines choses et solidifier mon positionnement intérieur. Je dois admettre qu’une part de moi a ri aux larmes en réalisant cela. Je me suis visualisée là, dans ce cliché du gars qui se pose limite en rustre pour affirmer son territoire. L’autre part a pourtant été un peu chahutée, car au final, ce besoin d’hyper masculinité dans le positionnement d’une entreprise reflète le manque de sécurité de la part féminine en moi. Cela m’a amené dans une réflexion plus vaste, alimentée par une discussion avec Delphine Blanc : c’est quoi le leadership au féminin ?

Car force est de constater que les codes de la société nous poussent à agir en homme lorsque nous souhaitons nous positionner dans un milieu professionnel avec de la gestion d’employés ou de clientèle et c’est d’autant plus flagrant dans les milieux d’entreprises. En soit, personne ne s’en rend réellement compte, on voit juste des allusions de-ci de-là fleurir comme : des remarques imposant de taire les émotions avec en arrière fond subtil nos phases hormonales ; une inégalité salariale, car certaines pourraient s’absenter à cause des enfants ; ou encore le “elle agit comme un mec”. Dans tous les cas nous avons faux dans notre approche semble-t-il.

Alors comment sortir des codes sociétaux périmés ? Car, aujourd’hui les pères participent de plus en plus à l’éducation de leurs enfants et on les voit s’absenter tout autant que les femmes, d’autant plus avec les contraintes des parents divorcés. On réalise aussi que les hommes ont tout autant de montées d’émotions, sauf qu’on les appellera “soupe-au-lait” ou “sanguin”, voire “affirmé”. Donc ces fameux codes, comment les changer ?

Après quelques jours où je côtoyais mon rustre intérieur, car malheureusement la part masculine qui a émergé n’était pas la plus belle de la masculinité, j’ai réalisé qu’il était sorti suite à une rencontre. Celle d’un homme exprimant sa dominance en formulant l’insertion de son projet dans mon projet, comme s’il avait le pouvoir de décider. Energétiquement, cela peut s’illustrer à une pénétration en force dans mon territoire, dans mon intégrité. Il n’en a pas fallu plus pour que mon masculin intérieur monte aux barricades, descende la herse et positionne les canons. Son but ? Me protéger ! Car clairement, je n’ai pas à accepter toute collaboration sous prétexte que l’autre est intéressé et voit là un avantage pour lui ou elle, avantage que je ne vois pas pour le collectif. Son efficacité ? Modérée, car s’il me permet de ne pas me faire envahir par quelqu’un de dominant, il peut repousser toutes les autres collaborations qui se font elles dans le respect, l’harmonie et la cocréation, car d’un coup je deviens dominante à mon tour.

Si aujourd’hui j’ai pu détecter ce changement en moi et en tracer l’origine, j’ai pu aussi constater que certaines parts de ce masculin pouvaient être très utiles et importantes à écouter. Le positionnement, la légitimité et le respect sont autant de valeur qui valent la peine d’être présentes dans mon rôle professionnel (mais aussi privé). Le travail va donc être d’équilibrer le Ying et le Yang pour trouver le ton juste, l’attitude propice à chaque situation et si par moment le bouclier monte, d’y être attentive pour lui permettre de s’abaisser dès que la sensation de menace est passée.

Christel Mesey

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Auteure: Christel Mesey
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